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“Nor”, com Axel Dorner, Nuno Torres e Alexander Frangenheim a juntarem-se ao violetista português, contém outra surpresa: repetem-se pulsações, isto é, formam-se ritmos definidos, reproduzem-se notas e situações, não temendo a introdução de tematismos. Podem logo depois ser contrariados, mas ocorrem e com uma frequência que nos demonstra não se tratar de meros acidentes no fluxo das improvisações. O efeito é teatral, dramático, e acaba até por ter maiores repercussões neste contexto do que teria numa composição em que esse procedimento é de norma. Rui Eduardo Paes (Jazz.pt)

Œuvre de la maturité, les trois mouvements de NOR, enregistrés en 2014, sont une sublimation colorée et obstinée de la démarche réductionniste. A la fois dense et léger, faussement sommaire mais paraissant de plus en plus sophistiqué au fil des écoutes successives. Deux cordes, deux vents. Le saxophoniste Nuno Torres est le nouveau venu qui compte dans la galaxie Rodrigues au Portugal. Son jeu en marge complète à merveille les effets de souffle et les morsures du vent du trompettiste Axel Dörner. L’archet d’Alexander Frangenheim s’est fait léger, accidentel, presque évanescent. Des séquences caractéristiques se succèdent entre deux respirations faites de drones et de plaintes, de pincements ou de coups secs. Ernesto Rodrigues agite lentement les phalanges sur le cordier. Passée l’anecdote, s’engage une cadence où les sons tenus se complètent commentés par la percussion des pistons. Chacun s’invente un rôle, une consistance au bord d’un brouillard céleste et dépose à demi-mot des vibrations inconnues, des grésillements et froissements d’un autre monde. Le climat s’enrichit avec une belle cohérence. On connaît la démarche, on croit avoir entendu cela, ces souffles muets qui s’échappent des tuyaux sans faire chanter la note, ce crissement mat de l’archet, mais, après des dizaines d’albums, notre altiste lisboète et ses compagnons nous enchantent encore tant les sonorités se renouvellent constamment. Ecoute au millimètre, dosage infini des moindres interventions, inspiration du moment précis, avion dans le lointain, gaz qui s’échappent par les fentes … les improvisateurs font gémir et pleurer le bois, flageoler le glissando, trembler l’archet, bourdonner l’harmonique ou broebeler la colonne d’air comme le ferait un grenouille à la surface de la mare …Une suite fragile de détails infimes s’enchaînent sans fin, créant une architecture, retraçant un plan, un itinéraire sans hésitation à travers un continent inconnu où le paysage devient saturé, les nuages grondent, un vent souffle …Un très beau moment. Jean-Michel van Schouwburg (Orynx)

Ce disque noir est l’œuvre d’Ernesto Rodrigues, Axel Dörner, Nuno Torres et Alexander Frangenheim, enregistrés par ce-dernier le 2 mai 2014 à Berlin.

Déjà, l’archet du violoniste effleure l’alto et les souffles cherchent en trompette et saxophone des trajectoires à dessiner. Ce n’est pas l’hésitation mais l’habitude – celle de prendre son temps, qu’ont Rodrigues, Dörner et Torres – qui commande les premières minutes de l’improvisation. Et c'est Frangenheim qui, le premier, interrompt le jeu de patience et met un terme à l’attente d’un auditeur qui redoutait avoir déjà entendu Nor alors qu’il ne l’avait pas encore sorti de sa boîte.

Tournant, c’est donc Frangenheim qu’il stimule. D’un archet long ou d’un soudain accrochage, le contrebassiste oblige ses partenaires à abandonner le propos étouffé de techniques pourtant étendues. Sans le bouleverser non plus, la contrebasse rebat le jeu et transforme ses minutes de discrétion en saisissante musique d’attente : alors une longue note de trompette, la répétition d’un grincement ou l’insistance d’un aigu, donnent à l’exercice un charme opérant. Guillaume Belhomme (Le Son du Grisli)

Lovers of the reductionist approach to improvisation will maybe adore this session that Ernesto Rodrigues (viola), Axel Doerner (trumpet), Nuno Torres (alto saxophone) and Alexander Frangenheim (double bass) recorded on 2nd May 2014 at Studioboerne45 in Berlin. They aptly titled it as NOR, the negation of logical OR in Boolean logic, which produces a value of 'true' (1) if and only if both operands are 'false' (0). If your mind chew these subjects as your eardrums chew reductionism, you will easily understand that this matching makes sense as well as the cover artwork: maybe it's not easy to see on the low-resolution image I'm attaching to this review, but there's a picture of the moon covered by nocturnal clouds inside that circle surrounded by a plain black field, as it seems that the Apollo Guidance Computer (if not engineered by Kubrick...), which supposedly brought man on the moon, was entirely based on NOR logical gates and three inputs. The 'false' or 0 operands are the instruments (two winds and two chords) in this session, as you can imagine: all of them are not played in a conventional way, so that you won't easily guess who is "playing" what, but the first to break what could be labelled as 'silence' and some sparse particles of sound in this silent colloidal suspension is Frangenheim's double bass, the most "silenced" voice in the first 21-minutes lasting of the three improv sessions you'll find in this release. The shortest session ('just' 13 minutes) is faithful to the same approach, but its general sonority could be thought as a wicked version of a soundtrack for a documentary focusing on the supposed moon-landing, and some sci-fi nuances get evoked by the brutalized winds in the third session, even if this one features more frequent of alternations between 'empty' and 'chaotic' moments than the second one. Vito Camarretta (Chain DLK)