Mizutekiteki |cs298

 

 

 

 

 

 

 

 

“Mizutekiteki”, opus de Ernesto Rodrigues com Nuno Torres, o seu filho Guilherme, Rodrigo Pinheiro e Naoto Yamagishi, poderia ser descrito como impressionismo abstracto, se tal categoria existisse. Tem um carácter meditativo mas não é só isso que o define: em vez do nada da meditação oriental pressuposta estão impressões, interiorizações subjectivas, mas partilhadas, de factores externos – uma observação das percepções do espaço por parte dos contribuintes, que não uma observação do espaço ele próprio. E lá estão, de novo, as repetições e a tentação para o fraseio, admitindo como inevitável tocar-se como se fala… Rui Eduardo Paes (Jazz.pt)

[...] Il y a donc encore Mizutekiteki réunissant le trio Rodrigues/ Torres/ Rodrigues, le pianiste Rodrigo Pinheiro et le percussionniste Naoto Yamagishi ou Surfaces avec le tromboniste Eduardo Chagas et Carlos Santos computer et analog synth et toujours ce trio concentré des deux Rodrigues père et fils et de leur apôtre Nuno Torres au saxophone qui donnent là encore une vraie démonstration de leur art. Jean-Michel van Schouwburg (Orynx)

Encore une belle réussite d’Ernesto Rodrigues et de ses compagnons où l’expression sonore bruissante radicale rencontre un réel sens de la forme. Les traits habituels des cadences et pulsations sont mises de côté dans une construction où chaque instrumentiste, violoncelle (GR), violon alto (ER) sax alto (NT), piano (RP) et percussions (NY) avance l’un après l’autre un son, une vibration, une attaque, un glissando, une note tenue l’un après l’autre, construisant une architecture de l’emboîtement spatial, de l’imbrication temporelle… un déroulement lent où pointent çà et là interjections et coups brefs. Frottements et grattements en tous genres, sifflements et vibrations acquièrent une réelle expressivité une fois que la communication s'est établie au sein du groupe. Les sons des musiciens, qu’ils soient éphémères ou s’obstinent comme un drone, se perçoivent dans le champ auditif comme s’ils gravitaient autour d’un centre imperceptible, s’imposant à l’oreille ou passant graduellement au second plan. Jouer de la sorte exige une écoute intense plutôt qu’une intensité du jeu. Chaque pièce acquiert par le jeu instantané un caractère particulier qui le distingue des quatre autres morceaux de Mizutekiteki tout en conservant une réelle cohérence. Dans un univers musical où l’expression individuelle prend une importance aussi égale, et souvent plus, que l’aspect collectif, ces cinq musiciens mettent l’écoute et l’intégration sonore collective au centre de leur démarche dans cet enregistrement du 29 mai 2014 au studio Tcha 3 à Lisbonne. Par rapport aux enregistrements des Rodrigues père et fils réalisés il y a plus de dix ans, leur musique a acquis une authenticité organique, une vie et un feeling irréfutable. Cette approche musicale, genre difficile qui avait pu être ressenti comme un exercice de style ou péchait par sa longueur, est devenue au fil des ans, une réelle réussite grâce au fruit de l’expérience et à leur sagacité. Faites comme eux : jouez et il en restera quelque chose. Jean-Michel van Schouwburg (Orynx)