Sidereus Nuncius cs349

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dix ans après son enregistrement lors du Seattle Improvised Music Festival 2006, ce trio alto (Ernesto Rodrigues), violon (Tom Swafford) et sax ténor (Philip Greenlief), est un bon exemple de la pratique improvisée libre « normale » d’Ernesto Rodrigues en compagnie de deux excellents improvisateurs de la Côte Ouest parmi les plus actifs. Je veux dire par là que le violoniste alto portugais improvise spontanément en utilisant les nombreuses ressources de son instrument sans a priori ni concept préliminaire comme il nous avait habitué dans ses enregistrements des années 2000 (« réductionniste » « lower case » etc…) et comme sa trajectoire actuelle en témoigne toujours avec une diversité passionnante. La démarche des deux violonistes est en tous points exemplaire et Philip Greenlief s’insère remarquablement dans ce processus, essentiellement basé sur l’écoute. Si le jeu collectif a tendance à se dérouler de manière continue avec des unissons, notes soutenues et mouvements lents qui donnent à entendre de belles nuances et une dynamique soyeuse que tranchent ici et là un ou deux dérapages brefs et mordants et quelques momentums retenus. À la minute 26, une superbe plongée dans les graves grinçants au ralenti qui mène vers le final où le fil de la musique devient de plus en plus spontané, élégiaque tout en se métamorphosant sans relâche. En fait, un set de 33 minutes qui synthétise plusieurs options de l’improvisation dans une belle symbiose / coexistence. J’ai eu grand plaisir à suivre le cheminement, et les méandres des improvisations de ces trois remarquables musiciens, sans doute une première rencontre lors de ce festival déjà lointain. C’est beau et merveilleux et méritait d’être publié. Jean-Michel van Schouwburg (Orynx)