Aether cs359

 

 

 

 

 

 

 

 

Aether opens on frail strings that barely have enough mass to register as sounds. From Monsieur Trinité’s small percussion you begin to get a sense of the open space of the Panteão Nacional, which was formerly a 17th century Baroque church. It’s the same venue that lent the almost psychedelic blurring of sound to previous records like VGO’s Lulu Auf dem Berg and IKB’s Rhinocerus. As “Hesiod” progresses, the strings thicken in tone, Guilherme’s deep pizzicato plucks resounding like notes tossed down a well.

The word “aether” makes me think of something unsettled by the most delicate of touches, set into motion at the slightest provocation, the sense of some disturbed field of energy that a musician is certainly aware of when playing in a massively reverberant space. Ernesto has talked of his interest in site-specific playing, acknowledging the importance of the performance space in shaping music. There are a few moments in “Hyginus” where single viola notes are allowed to fully decay, laying bare the enormous natural reverb in the Pantheon. At one point, the Rodrigues scrape the hairs of their bows along the instruments’ wooden edges, a sound so sharp it sounds like splintering wood, a tree crashing down in the forest. Notes return like boomerangs. But no matter the strength of the attack, each gesture is ultimately engulfed by the Pantheon, slowly stretched and smeared in a sonic environment that effaces all sounds, pulling them into gossamer threads of silence. Dan Sorrells (The Free Jazz Collective)

Il convient de souligner la pertinence et le renouvellement subtil du travail improvisé et expérimental du violoniste alto Ernesto Rodrigues et de son fils Guilhermo. Dans Aether, ils sont rejoints par le percussionniste Monsieur Trinité, pseudo d’un des potes les plus enthousiastes de la scène improvisée. Usant de percussions quasi miniatures et un brin de réverbération, il introduit une dimension ludique dans l’univers « sérieux » et épuré des Rodrigues. La musique évolue par signaux, lignes, frottements, courbes, harmoniques, sursauts, notes tenues, textures qui s’enchaînent et se contrastent avec clarté et précision tout en demeurant mystérieuse. Trois pièces, Hesiod, Hyginus, et Orphic Hymns, qui s’étendent dans la durée sans que celle–ci se fasse sentir. La première de 17:49 s’interrompt après un court silence et m’a semblé durer cinq minutes. Dans Hyginus, une mélodie grave et lente est jouée par le violoncelle en introduction avant que les archets sollicitent notes répétées et harmonique sans pulsation marquée. Commenté par les sons infimes du percussionniste, grelots en bois, baguettes minuscules et râcloir microscopique, le jeu en miroirs décalés des deux cordistes se développe dans une connivence totale comme si chacun exécutait des éléments d’une partition écrite pour un seul instrument. La dynamique est leur principal souci. On croit connaître la démarche épurée, voire hiératique, des Rodrigues, mais chaque enregistrement apporte un nouveau point de vue. Conscient de leur valeur et dans l’urgence de documenter leur parcours récent, ils se commettent moins avec des improvisateurs de passage comme par le passé, et focalisent leur travail avec des musiciens qui s’intègrent le mieux à leurs desseins. Si leur démarche semble restrictive et minimaliste, ils ont la capacité d’en étendre la force expressive vers des formes nouvelles grâce à une très grande musicalité en s’adaptant à leurs partenaires. Cette deuxième pièce aboutit un moment à des grattements minutieux d’archet sur la surface de l’instrument et aux bruissements frottés de Monsieur Trinité, pour revenir aux jeux d’archet en écho alto violoncelle. Le cheminement est complexe et toujours cohérent. Il est impossible de déterminer s’il s’agit d’une improvisation totale ou d’une quelconque partition. Un délice pour l’écoute. Jean-Michel van Schouwburg (Orynx)