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Alba cs686
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Apesar de o nome nos remeter shakespearianamente para o reino da Dinamarca, Welcome to Silkeborg é um duo português, formado pelo veterano Monsieur Trinité (Plexus de Carlos “Zíngaro”, grupos vários de Sei Miguel e Ernesto Rodrigues e elemento do saudoso Colectivo Orgástico) e por Tiago Varela, um de muitos arquitectos que a livre-improvisação vai requisitando neste país, característica essa que, aliás, já merece estudo. Se em outros contextos, incluindo uns tantos ao vivo (o disco reúne gravações de concertos de 2014 e 2018) deste mesmo projecto, encontrámos Varela a tocar piano eléctrico e órgãos menos comuns, aqui surge com um par de melódicas, instrumentos que, regra geral, têm um uso meramente cromático ou de complemento tímbrico, o que não é o caso neste álbum. Trinité utiliza o seu habitual “set” de percussão, se bem que, como sempre, o designe por «objectos vários», de modo a não ser conotado com práticas percussivas mais conformes com o estabelecido, como as da música erudita ou do jazz. Avec quelques éléments de percussions et objets sonores rassemblés et des prosaïques mélodicas, ces deux improvisateurs portugais créent un véritable univers poétique. Bienvenue à Silkeborg, une ville du Jutland Danois qui accueille un musée dédié au peintre et céramiste Asger Jorn. Jorn est un artiste fondateur du mouvement CoBrA et un résistant anti-nazi communiste dissident fondateur de l’internationale Situationniste. Un programme. Welcome to Silkeborg est le nom du duo de Tiago Varela (mélodicas) et Monsieur Trinité (several objects) et leur album ALBA se compose de trois pièces improvisées. 1/ Welcome nel laboratorio del pittore farmacista – 27:05. 2/ Esperienze immaginiste #1 – 03 :49. 3/ Esperienze Immaginiste #2 – 09:27. Enregistrement “live” en novembre 2018 (1/) et en septembre 2014 (2/ et 3/). Je pense que si Monsieur Trinité décrit son set de percussions comme étant « quelques objets », c’est qu’il n’a pas la prétention d’être parvenu au sommet de la percussion professionnelle/nalisée ou « virtuose ». Du contraire, il excelle dans l’écoute mutuelle exprimant ses intentions musicales de manière indubitablement créative. Point de fracas et de roulements démonstratifs. Seulement l’essence de l’improvisation et l’utilisation fine , ressentie et inspirée d’objets sonores percussifs, peaux, cymbales, ustensiles. Pour focaliser sa recherche et celle de son alter-ego, Tiago Varela, muni, lui, de quelques instruments de souffle à anche libre et à clavier décrits comme étant des mélodicas, ils se confient l’un à l’autre dans un dialogue intimiste, éphémère, subtil, léger, aéré, improbable et ludique. L’usage du mélodica ne nécessite pas une technique ardue et exigeante comme celle de la clarinette et du saxophone, mais autorise la mimique innocente de l’accordéon, instrument complexe par excellence. Bref, c’est avec plaisir qu’on se laisse porter par les sonorités, les timbres, les vibrations des deux acolytes qui incarnent ici très poétiquement et sans aucun doute le noyau dur de l’écoute mutuelle et l’incarnation assumée et sincère de l’acte d’improviser et de créer une musique collective qui fasse sens. À mon avis plus que d’aucuns professionnels formés dans les conservatoires qui déboulent sur la scène du free-jazz ou de la free-music « à l’européenne » avec leurs idées toutes faites et un sens évident du marketing pour finalement régurgiter les poncifs de ce qui avait été vécu il y a cinquante ans comme une véritable aventure. Donc, je reçois cinq sur cinq la Bienvenue à Silkeborg, le village retranché de la soie. Jean-Michel Van Schouwburg - (Orynx) |